Trottinette électrique : l’assurance n’est pas une option, et les chiffres le prouvent

Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent en France, mais en 2024, près de 6 conducteurs d’EDPM accidentés sur 10 n’étaient pas assurés. Un chiffre sidérant, surtout au regard du bilan humain : 80 décès en 2025, soit 35 de plus qu’en 2024. Comprendre ce que couvre l’assurance trottinette, combien elle coûte et ce qu’on risque sans elle devient donc une question très concrète.

Une obligation légale depuis 2019, encore trop souvent ignorée

Le décret du 23 octobre 2019 a officialisé la catégorie des EDPM (engins de déplacement personnel motorisé) et les a classés comme véhicules terrestres à moteur. Conséquence directe : l’article L211-1 du Code des assurances s’applique, et toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une responsabilité civile. Sans elle, l’amende peut atteindre 3 750 euros, auxquels s’ajoutent 35 euros pour absence de vignette visible et 35 euros pour absence d’attestation sur soi, soit un total potentiel de 3 820 euros, sans compter la confiscation de l’engin et la suspension du permis de conduire.

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Les sanctions ne s’arrêtent pas là. En cas d’accident causant des blessures à un tiers, le conducteur non assuré engage son patrimoine personnel sans limite. C’est le FGAO (Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires) qui indemnise la victime, puis se retourne contre le responsable pour récupérer des sommes pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Si vous prévoyez de rouler dans une grande agglomération du Sud, pensez à vérifier le point sur l’assurance trottinette électrique avant de partir : les contrôles ciblés se multiplient dans les zones touristiques et les centres-villes piétons.

Côté justificatifs, la vignette physique reste obligatoire sur l’engin (garde-boue, potence ou partie avant du plateau) car les trottinettes ne sont pas immatriculées et n’apparaissent pas encore dans le Fichier des Véhicules Assurés, contrairement aux voitures.

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Ce que couvre l’assurance, et combien ça coûte vraiment

La RC seule, minimum légal, protège uniquement les tiers : piéton renversé, cycliste blessé, voiture rayée. Les plafonds minimaux sont fixés à 1 000 000 euros pour les dommages corporels et 100 000 euros pour les dommages matériels. En revanche, vos propres blessures, le vol ou la casse de votre trottinette ne sont pas couverts par cette formule de base.

Pour une protection réelle, des garanties complémentaires s’imposent : vol (avec antivol homologué SRA et dépôt de plainte sous 48 heures), casse accidentelle, et surtout protection du conducteur couvrant frais médicaux, incapacité ou invalidité. Les tarifs varient selon la valeur de l’engin, le code postal, le lieu de stationnement et l’âge du conducteur. En pratique, une RC seule démarre à 6 euros par mois. Une formule complète se situe entre 12 et 25 euros par mois : à titre d’exemple, un conducteur de 22 ans à Paris avec un modèle à 800 euros garé en rue paie environ 20 euros par mois, contre 10 euros pour une conductrice de 35 ans en banlieue de Toulouse avec un engin à 500 euros dans un parking fermé.

Face à la progression constante des accidents, notamment une hausse de 57 % de la mortalité des usagers d’EDPM entre avril et juin 2025, prendre le temps de choisir une couverture adaptée relève moins du réflexe administratif que du bon sens. Six euros par mois, c’est le prix d’un café, pour une protection qui peut éviter une catastrophe financière bien réelle.